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robotnicka.org: quand des robots habitent le potager

Quelque part, un ciel crépusculaire et électrique. Des paillettes qui scintillent, portées par le vent, et éclairent des hordes de zombies dansant de manière désarticulée, comme autant de programmes déréglés. Des guitares sont en feu, et des robots brandissent des claviers, en produisant une série de bips stridants. Partout, des objets révoltés attaquent sauvagement leur maîtres et désertent les rayons des supermarchés. Des basses de couleur font trembler la rue transformée en dance-floor, pendant que des sons de synthétiseur inspirent aux foules d'insurgé-e-s la folie de la liberté. Là, un aspirateur libéré défonce la vitre d'une banque à l'aide d'un Commodore. De ce côté, un homme moustache doit s'enfuir, sous le feu nourri des légumes projetés. C'est la victoire des octets, la révolte des objets, une insurrection joyeuse, robotisée et enflammée. Quatre cavalier-e-s de l'apocalypse pour l'encourager, la rythmer, y participer: c'est robotnicka que voilà.

Depuis septembre 2004, poivron.org héberge avec plaisir robotnicka.org, avec ses mélodies décadentes et insurgées. Il était temps de le signifier, et d'encourager quiconque à (re)découvrir ce groupe à la folie contagieuse et subversive. Leurs morceaux sont bien entendus disponibles en ligne dans leur intégralité, au format OGG Vorbis, et voués à être diffusés. Le site oueb, quant à lui, permet de plonger plus avant dans l'univers du groupe et dans son esthétique décalée. Découverte à poursuivre, pour les intéressé-e-s, jusque sur le site de bikesabbath, l'un des robots qui, non content d'avoir commis la plupart des attaques visuelles du groupe, y propose d'autres délicieuses affiches et collages numériques.

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Commentaires

Le Vendredi 14 Janvier 2005 à 15:56, par chourave :: email :: #

Ah enfin un texte mentionnant ce concept si peu développé de "l'homme-moustache" : à noter que je préfère mettre un tiret entre "homme" et "moustache", parce que justement il est question de concept... tout ça pour dire que même si ce concept a à voir avec la symbolique moustachue, ça ne veut pas dire que tous les "hommes-moustaches" portent des moustaches.

PS: quant à la symbolique moustachue, il est fait référence évidemment à la maxime : "c'est pas l'uniforme qui fait le gendarme, mais la moustache"... Moustache donc, parce que symbole d'oppression véhiculé par le mode pileux de la gente répressive que constitue l'imagerie policière, imagerie qui ne fait elle-même que refléter le mode de domination patriarcale. Je veux désigner par là le fait que dans beaucoup de traditions sociales, la moustache constitue un des appareils corporels du "devenir-viril" : on n'est homme que lorsqu'on la moustache apparaît, appariton sous-épidermique que vient contrer par exemple la poussée vergéturale du légume, le légume, notamment le légume en stade de décomposition, arme de l'Internationale Légumiste qui a décidé de s'allier notamment à la révolte des objets pour combattre les structures de dominations et les engluer de gelée putréfiante afin d'accélerer leur renversement. Par rapport à la symbolique moustache-virilité, lire peut-être le livre de Fabrice Virgili "La France virile. Des femmes tondues à la Libération" qui revient sur la tonte des femmes accusées de collaboration avec les occupants nazis entre 1943 et 1946. On apprend notamment que même si la quasi-totalité des personnes tondues étaient des femmes, certains hommes n'échappèrent pas non plus à cette pratique punitive qui marquait notamment une tentative de réancrage d'une identité collective basée sur la reconnaissance identitaire patriotique et patriarcale : les hommes qui subirent ce châtiment corporel étaient alors accusés de couardise parce que la plupart avaient refusé de s'engager dans les forces de libération lorsque la situation de l'occupant nazi commençait vraiment à défaillir du fait de l'avancement des troupes Alliées. Ces hommes considérés comme lâches eurent la barbe rasée, s'il n'avait pas de barbe, c'était la moustache, si pas de moustache, c'était les cheveux, si pas de cheveux c'était le système pileux : il fallait ainsi les marquer d'un stigmate dévirilisant, notamment à travers tout un cérémonial public, le poil étant signe de "devenir-mâle" et un "mâle" étant un concept construit autour de valeur comme le courage...

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